Le Tombeau Imedghassen, monument funéraire, se trouve dans la Wilaya de Batna (Commune de Boumia, à environ 40 km au nord-est de la ville de Batna). C’est un Mausolée numide de marque berbère avec des influences puniques et grecques. Il appartenait aux rois Massyles prédécesseurs de Massinissa et remonte au III° siècle avant J.C. A proximité se trouve une nécropole sur une distance de 2 km et une dizaine de tumulus.

Il est inscrit sur la Liste indicative du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2002, en tant que partie de l’ensemble « les mausolées royaux de Numidie, de la Maurétanie et les monuments funéraires préislamiques ».

Le Tombeau est entièrement réalisé en pierre locale pour couvrir une chambre funéraire qui se trouve au centre de l’édifice lui-même et est accessible par une galerie étroite. La structure principale, qui couvre la chambre funéraire, est formée de deux portions indépendantes : le véritable tumulus, constitué d’un amas de pierres calcaires schisteuses de granulométrie variée et la couverture du tumulus, constituée de gradins successifs, qui créent une géométrie circulaire. Cette couverture est soutenue par un tambour en pierre (de diamètre d’environ 60 mètres) finement décoré, avec une série répétée de colonnes et de chapiteaux doriques, rehaussé sur un socle qui suit la pente naturelle de la roche de fondation. Le long de la paroi du tambour, de fausses portes s’ouvrent, sculptées dans la pierre, dont il ne reste aujourd’hui que quelques traces.

Actuellement le monument est dans un état de conservation précaire dû à des problèmes structuraux : fort surplomb du tambour dans la partie Nord-Ouest , dégradation partielle du noyau intérieur , forte érosion des éléments en pierre, problèmes liés à la pénétration d’eau (dégâts provoqués par l’humidité remontante, gel, pénétration dans le noyau), présence de végétation (lichens et plantes sauvages), dégâts provoqués par la dégradation anthropique.

Ces conditions nécessitent d’une analyse approfondie et un diagnostic scientifique et un approfondissement  de l’impact des dommages survenus lors des tentatives d’exploration de la chambre funéraire, effectués notamment au XIXe siècle. A l’état actuel, il est impératif de connaître les conditions d’équilibre résiduel des parties qui sont restées jusqu’à aujourd’hui en équilibre instable, et d’évaluer une solution pour assurer la sécurité et la conservation du monument à l’avenir, en tenant compte de ses valeurs.

Un PPMVSA est actuellement en cours d’élaboration, il s’agit d’un document d’orientation et de règlement pour la protection du site et non d’un plan opérationnel d’intervention. Ce Plan prévoit la réalisation de travaux de sécurisation et de mise en valeur qui font l’objet du présent marché.

Travaux envisagés

Les travaux à considérer dans la phase de conception pourront comprendre (liste indicative et à actualiser dans la phase de l’avant-projet, au travers les résultats de l’analyse et en concertation avec les acteurs concernés) :

–   Nettoyage archéologique de l’aire intérieure à la clôture et sondages ponctuels pour une meilleure compréhension de la nécropole ; démolition des plates-formes en béton armé et mise en place d’un parcours pour des éventuels véhicules et pour la visite du chantier par les visiteurs.

–   Œuvres d’archéologie préventive pour la vérification des aires concernées par les structures prévues pour la mise en valeur (p. ex. nouvelle clôture, toilettes, structures d’accueil et interprétation).

–   Modification de l’étayage existant et réalisation d’un étayage semi-définitif (deux options : une de type réactif, l’autre de type proactif : en fonction des programmes pour le plan de stabilisation et conservation définitif, à décider avec les acteurs concernés).

–   Construction d’ouvrages d’étayage dans la zone fouillée sur la galerie pour la stabilisation des pierres du noyau et des gradins ; à convenir s’il s’agit d’un étayage de type définitif ou provisoire en attente de l’intervention de restauration définitive.

–   Mise en sécurité des pierres très fragmentées aux endroits où la concentration des sollicitations est forte.

–   Tests de remplacement des pierres excessivement dégradées par de nouvelles pierres ; faire face tant aux modalités opératives qu’aux modalités de traitement superficiel et profond.

–   Tests d’élimination des insertions récentes en béton armé et en maçonnerie de type différent de l’original.

–   Tests de mitigation esthétique des insertions récentes en béton armé ou en pierre traitée.

–   Construction d’ouvrages de couverture de la zone fouillée (au-dessus du couloir) remplaçant le plancher en bois, pour garantir un bon effet esthétique et surtout un bon drainage des eaux météoriques et un microclimat idoine à l’intérieur de la galerie, afin d’éviter le vieillissement du bois original présent.

–   Amélioration du drainage (effectuant des tests) des eaux le long des gradins et de réduction des infiltrations vers l’intérieur du noyau.

–   Traitement des lichens (effectuant des tests) et actions ciblées pour l’amélioration du drainage des eaux.

–   Réalisation et mise en œuvre d’une structure de couverture pour garantir l’absence d’infiltrations sur le sommet ; il pourrait s’agir d’une couverture légère en charpenterie métallique et toiles (cette structure demande également un grand partage des responsabilités et des compétences).

–   Fourniture et mise en œuvre d’une instrumentation pour le monitorage des conditions environnementales (à l’extérieur et à l’intérieur du tumulus) et pour les risques sismiques.

–   Ouvrages urgentes pour la mise en valeur : nouvelle clôture, tests et réalisation de signalétique, parcours de visite, aire de stationnement, etc.

–   Les travaux comprendront un chantier-école, pour former les jeunes chômeurs de la zone et les intégrer dans le processus de conservation et de mise en valeur du site archéologique, par des actions qui pourront être appliquées dans d’autres sites.